Depuis plus de 16 mois, les Palestiniens de Gaza endurent des conditions humanitaires indescriptibles, inédites depuis la Seconde Guerre mondiale. Près de 2 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur de Gaza, et plus de 150 000 personnes ont été tuées ou blessées, selon l’ONU. 50 % des hôpitaux et infrastructures médicales ont été détruits, 88 % des écoles sont partiellement ou totalement détruites, 68 % des terres agricoles ont été endommagées, et 68 % des routes sont devenues impraticables.
Comme le montrent ces chiffres, la guerre menée par Israël ne s’est pas limitée à un simple conflit contre le Hamas, mais a touché l’ensemble de la population civile et détruit les infrastructures essentielles.
Deux étapes essentielles pour reconstruire Gaza
Face à cette crise d’une ampleur colossale, deux mesures cruciales doivent être prises :
1. Un plan humanitaire global et immédiat pour soulager la souffrance des Palestiniens et restaurer la vie à Gaza à travers des programmes de redressement précoce et de reconstruction.
2. Une feuille de route politique visant à mettre un terme définitif au conflit israélo-palestinien en menant à la création d’un État palestinien indépendant, afin que cette dernière vague de violence soit réellement la dernière.
Un plan de reconstruction en trois phases
L’Égypte a élaboré un plan de reconstruction de Gaza en plusieurs phases, s’étalant de 2025 à 2030, qui a reçu l’approbation des 22 États arabes.
Première phase : un programme de redressement précoce sur six mois, prévoyant :
Des logements temporaires sous forme de caravanes, maisons préfabriquées et tentes, pour abriter temporairement 1,2 million de Palestiniens.
Le déblaiement et le recyclage d’environ 50 millions de tonnes de débris.
Le déminage des munitions non explosées.
Deuxième et troisième phases : reconstruction complète avec :
400 000 unités de logement permanentes pour accueillir 2,7 millions de Palestiniens.
La réhabilitation des routes et la remise en culture de 20 000 hectares.
La construction de deux ports, un aéroport, des centrales solaires, un centre administratif, ainsi que d’écoles et d’hôpitaux.
Une fois ces infrastructures mises en place, Gaza sera prête à accueillir des investissements mondiaux dans des secteurs comme le tourisme, l’énergie et la logistique.
Un engagement international nécessaire
Ce plan a été conçu en respectant les principes fondamentaux de l’urbanisme durable des Nations Unies. L’Égypte, forte de son expérience dans la reconstruction de Gaza après plusieurs cycles de violence, assurera la logistique et l’exécution opérationnelle.
L’objectif est de garantir que les Palestiniens restent sur leur terre, rejetant toute idée de déplacement forcé. L’histoire palestinienne est marquée par les injustices du passé, et toute tentative de les détacher de leur territoire serait inacceptable.
Mais le défi de la reconstruction de Gaza est immense et dépasse les capacités d’un seul pays. Un effort international est indispensable. Ainsi, l’Égypte organisera une conférence internationale sur la reconstruction de Gaza en coopération avec l’ONU et le gouvernement palestinien. Cette conférence cherchera à mobiliser les financements nécessaires auprès des pays donateurs et des institutions financières pour mettre en œuvre ce plan estimé à 53 milliards de dollars.
Une nouvelle gouvernance pour Gaza
Une nouvelle instance palestinienne sera créée pour administrer Gaza. Elle sera composée uniquement de technocrates palestiniens, sans affiliation à aucun parti politique. Ses principales missions seront :
Gouverner Gaza et gérer l’aide humanitaire.
Préparer le retour de l’Autorité palestinienne à Gaza.
Aucun groupe politique ne pourra gouverner Gaza durant cette période de transition. Dans l’immédiat, le rétablissement de l’ordre est essentiel. C’est pourquoi l’Égypte commencera immédiatement à former des milliers de policiers palestiniens pour sécuriser la bande de Gaza et restaurer la confiance de la population.
Un horizon politique pour la paix
En parallèle de la reconstruction, nous avons le devoir d’offrir une perspective politique porteuse d’espoir pour mettre un terme au conflit. Cette feuille de route doit aboutir à la création d’un État palestinien indépendant sur les frontières du 4 juin 1967, permettant enfin aux Palestiniens de vivre libres de l’occupation israélienne.
Nous devons garantir aux Palestiniens un avenir fondé sur l’espoir plutôt que le désespoir, la liberté plutôt que l’oppression, et l’indépendance plutôt que la soumission. Ce n’est qu’en leur offrant un véritable avenir que nous pourrons les détourner de l’extrémisme.
Le rôle clé du président Trump
Dans ce contexte historique, le rôle du président Trump est crucial. Son discours inaugural a montré sa volonté profonde d’œuvrer pour la paix mondiale et de mettre fin aux guerres interminables qui ont ravagé de nombreuses régions. Nous saluons ses récentes déclarations affirmant son opposition au déplacement forcé des Palestiniens de Gaza.
Nous espérons collaborer avec Trump pour conclure un accord historique qui mettra définitivement fin à ce conflit et apportera paix, sécurité et prospérité aux Palestiniens et aux Israéliens.
Source : Badr Abdelatty , ministre des Affaires étrangères de l’Égypte

Journaliste & Directeur de Publication de Grand Reporter. Fort de plus de 10 années d’expérience, je mets ma plume au service de ceux qui font bouger le continent Africain.
E-mail : grandreportermedia@gmail.com // Call : +228 91548225 / 91237408




















































