Au Togo, l’ONG La Colombe engage un combat contre les violences faites aux filles et femmes handicapées. L’organisation appelle à une mobilisation pour garantir un traitement digne et équitable à cette catégorie sociale encore trop souvent marginalisée. Déjà vulnérables, les filles et femmes handicapées sont, selon les données officielles, deux à trois fois plus exposées aux violences que le reste de la population.
Pour sensibiliser la jeunesse sur ce phénomène qui préoccupe, l’ONG La Colombe a animé le vendredi 5 novembre 2025 une conférence à l’endroit de 200 étudiants de l’École Supérieure d’Informatique et de Gestion (ESIG). La rencontre, tenue autour du thème « Violences faites aux filles et aux femmes handicapées », visait à encourager les participants à bannir toute forme de violence et à devenir des relais de sensibilisation dans leurs communautés.
« Nous avons pu rencontrer les étudiants de l’École Supérieure d’Informatique et de Gestion (ESIG). Deux cents participants ont été entretenus sur le thème : “Violences faites aux femmes handicapées”, un thème choisi par le Togo en marge de la célébration de la Journée internationale des personnes vivant avec le handicap. Une rencontre participative avec des étudiants enthousiasmés. Au lieu de les négliger, il est convenu au cours des échanges que les sensibilisations soient menées dans les zones rurales et auprès du public. Des personnes handicapées ne sont pas considérées au même titre que les autres au sein des communautés. Des approches basées sur l’estime de soi et le respect afin de prévenir les suicides et les violences », a déclaré Akakpo Adjoa Thérèse, coordinatrice de l’ONG.
Elle souligne la nécessité d’approches basées sur l’estime de soi et le respect pour prévenir les violences et les risques de suicide.
L’activité a permis d’aborder les réalités quotidiennes des filles et femmes handicapées, les formes de violences physiques et morales qu’elles subissent, ainsi que les conséquences qui en découlent. Les étudiants ont été initiés à la différence entre déficience et handicap, à la typologie des violences, puis invités à proposer des solutions pour favoriser un environnement protecteur et inclusif.
« Nous avons échangé avec les jeunes étudiants de l’ESIG sur la thématique liée aux violences faites aux filles et femmes handicapées. Il était question de clarifier certains concepts liés au handicap, notamment la différence entre la déficience et le handicap, les notions de violences elles-mêmes, et ensuite de les amener à connaître la typologie des violences que subissent les filles et les femmes handicapées. À l’issue de cet exercice, nous sommes allés sur les conséquences que subissent les filles et les femmes handicapées. Enfin, nous les avons amenés à nous proposer des approches de solutions pour créer un environnement favorable à l’épanouissement des filles et des femmes handicapées. Nous avons découvert des jeunes très excellents qui ont réfléchi et nous ont fait des propositions très pertinentes, commençant par eux-mêmes et les sensibilisations qu’ils auront à faire dans leurs communautés pour créer un environnement exempt de violences faites aux filles et femmes handicapées », a expliqué Joël Batona, spécialiste en sauvegarde, genre et inclusion.
À l’issue de la rencontre, plusieurs étudiantes ont exprimé un changement de perception et promettent d’être le relai auprès des communautés.
« J’ai compris que le handicap peut toucher n’importe qui. Au lieu de minimiser ces personnes, il faut les valoriser et leur donner des accès », a confié Bougwedi Sabine, étudiante en Licence 1, Information-Communication.
Même son de cloche chez Camara Mah Sarah Samira, étudiante en comptabilité :
« On nous a appris que la personne handicapée est un être humain comme tout autre et mérite le même respect. Nous devons changer notre mentalité et les considérer à leur juste valeur », a-t-elle indiqué.
Au-delà des étudiants, cette conférence constitue un appel citoyen à transformer les mentalités et à garantir un traitement humain aux filles et femmes handicapées, au même titre que toute autre personne.
D’après les données du dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-5), les femmes handicapées représentent plus de 11 % de la population féminine.
Jacques Bauer

Journaliste & Directeur de Publication de Grand Reporter. Fort de plus de 10 années d’expérience, je mets ma plume au service de ceux qui font bouger le continent Africain.
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