© Grand Reporter ( Lomé, le 16 Novembre 2023) – Le fichier électoral togolais est suffisamment fiable pour permettre la tenue des prochaines élections régionales et législatives dans des conditions de confiance.
L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) livre les conclusions de l’audit externe du fichier électoral togolais par son équipe d’experts.
A l’issue d’une mission d’audit externe effectuée du 20 au 27 octobre dernier , une équipe d’experts de la l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a restitué les ses conclusions le mercredi 15 novembre 2023 à Lomé, sur l’état actuel du fichier électoral togolais. Selon le Conseiller spécial de la Secrétaire Générale de la Francophonie, l’Ambassadeur Désiré NYARUHIRIRA, le fichier électoral togolais est suffisamment fiable pour permettre la tenue des prochaines élections régionales et législatives dans des conditions de confiance.
Cet audit externe fait suite à la demande de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) à travers le ministère de l’administration du territoire, après un audit interne effectué par l’organe chargée de l’organisation et de la supervision des élections au Togo elle-même.
En effet, du 29 avril au 14 juin 2023, la CENI a mené une campagne de recensement électoral sur toute l’étendue du territoire national. Ce recensement a permis à l’institution d’avoir 4 432 936 000 électeurs potentiels.
« Au niveau de la CENI, nous avons mené un audit interne. Ensemble nous avons travaillé pour enlever l’inscription des mineurs, des doubles inscriptions etc…bref tous ceux qui ne devaient pas figurer sur une liste électorale. Cette opération de dédoublonnage nous a permis de rayer 129 225 électeurs. Le reste se situe autour de 4,2 millions, après cet audit interne dans le cadre de notre mission électorale, nous avons sollicité l’OIF pour un audit externe. Cela nous permet de mieux nous encrer dans l’espace démocratique, d’avancer dans cet espace de démocratie où chaque jour, le Togo fait ses preuves. En plus, l’audit du fichier nous permet de nous rendre fiable à l’égard de tous les acteurs politiques. Ce travail a été fait par l’OIF du 20 au 27 octobre 2023 et leur présence aujourd’hui c’est de nous restituer les travaux de cet audit externe», a expliqué M. Dago YABRE, Président de la CENI.
Un fichier conforme aux normes nationales et standards internationaux
Selon l’Ambassadeur Désiré NYARUHIRIRA, cette démarche est axée autour du contexte de l’audit du fichier électoral mené par l’OIF, de part, et d’autre part ,les principes directeurs qui guident le déroulement des opérations d’audit électoral de l’OIF et qui ont été observés ici dans le cas du Togo.
S’agissant du contexte de l’audit, le diplomate explique que c’est par un courrier du 05 juin 2023 que la Commission Electorale Nationale Indépendante à travers le Ministre de l’Administration Territoriale a saisi la Secrétaire Générale de la Francophonie pour solliciter l’appui de l’OIF pour l’audit du fichier électoral du Togo. « La Secrétaire Générale y a répondu favorablement. Sur la base de ces échanges, l’OIF a déployé du 20 au 27 octobre 2023 à Lomé, une équipe de trois (03) experts aux profils suivants : il y avait un informaticien, un juriste et il y avait toujours dans ce genre d’exercice, un statisticien démographe », a-t-il indiqué.
L’enjeu selon lui, était de déterminer la conformité du fichier togolais aux normes nationales et aux standards internationaux en se fondant sur les critères d’inclusivité, d’exhaustivité, d’actualité, d’unicité, d’exactitude et de compléter des données des électeurs.
En ce qui concerne les principes directeurs, conformément à sa doctrine en la matière, l’OIF, à en croire M. Désiré NYARUHIRIRA, a recommandé à la CENI de mettre en place, un comité ad’hoc de suivi des travaux de l’audit. La CENI a mis en place ce comité qui est composé des membres techniques, experts de l’OIF, de la CENI et des membres observateurs, représentants des partis politiques, majorité parlementaire, de l’opposition parlementaire, de l’opposition extraparlementaire et représentants de la société civile.
« Les experts de l’OIF ont travaillé tout au long de l’opération de l’audit selon une approche de collaboration impliquant ces parties prenantes nationales. En suite , l’analyse des données des électeurs issues du recensement électoral de 2023 a été menée sur la base des termes de référence élaborés par la CENI et validés par les parties prenantes. Conformément à ces TDR et à l’agenda adopté, l’équipe d’experts et la CENI ont eu à effectuer des séances d’échanges au siège de la CENI. D’une visite de serveurs des données électorales, d’une démonstration de la fonctionnalité du kit et du logiciel d’enrôlement biométrique des électeurs, une décente sur le terrain, des analyses du dispositif légal réglementaire et opérationnel du dispositif informatique et données des électeurs et des statistiques y font foi. Le comité ad’hoc s’est en suite réuni pour échanger sur les observations préliminaires issues des analyses et de leurs recommandations. Des experts ont également échangé le 27 octobre 2023 avec le Ministre de l’administration du territoire et du développement des territoires », a expliqué ce Conseiller spécial du Secrétaire Générale de l’organisation qui a insisté sur le fait que les experts ont mené leurs activités en toute indépendance en effectuant une analyse rigoureuse et objective du cadre juridique et convention, du cadre technique et informatique et de la démographie électorale togolaise.
Le rapport final qui détaille ses éléments sera remis après cette restitution aux autorités de la CENI.
Un exemple d’inclusion
« Comme enseignement majeur, nous retenons que : après les vérifications et analyses menées, les experts ont délivré des conclusions rassurantes sur la qualité du fichier électoral togolais. Ceci, en terme de fiabilité de l’opération de recensement des électeurs, de son caractère biométrique et de sa représentativité géographique et sociologique dans les 39 préfectures des 05 régions du pays. Ainsi, 53,80% de femmes inscrites contre 46, 18 % pour les hommes. A travers ces chiffres, le Togo s’illustre à travers ce fichier électoral comme un exemple d’inclusion et de participation politique des femmes. Au nom des experts , je peux dire que le fichier électoral togolais est suffisamment fiable pour permettre la tenue des prochaines élections régionales et législatives dans des conditions de confiance. Les experts ont constaté lors des analyses de fichiers qu’il n’y avait pas de doublon à signaler. C’est à dire qu’il y avait déjà un travail préliminaire qui a été déjà fait. Dans le contexte actuel au sein de l’espace francophone, cela relève de courage politique d’avoir choisi la transparence sur le fichier électoral en optant pour un audit international. C’est une opération que certains pays membres craignent comme l’OIF a pu le constater récemment ailleurs», a-t-il conclu.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la coopération amorcée sur le processus en vue des élections législatives et régionales au Togo.
Il est à noter que la restitution des travaux de cet audit externe s’est déroulée lors d’un point de presse tenu au siège de la CENI à Lomé.
Jacques Bauer

Journaliste & Directeur de Publication de Grand Reporter. Fort de plus de 10 années d’expérience, je mets ma plume au service de ceux qui font bouger le continent Africain.
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