Lomé abrite la première édition du Forum National sur l’Agroécologie et l’Agriculture Biologique (FNAAB). L’événement, prévu du 07 au 09 avril 2026 à l’Hôtel Sarakawa, va rassembler agriculteurs, partenaires et décideurs autour de la problématique d’une agriculture respectueuse de la nature et qui prend en compte la santé de l’homme.

Représentant du Ministre de l’ Agriculture, de la Pêche, des Ressources Animales et de la Souveraineté Alimentaire
Le lancement officiel s’est déroulé le jeudi 26 mars 2026 à la ferme Sichem située dans la commune Zio 1. Les activités inscrites à l’agenda de ce premier acte vont s’articuler autour du thème : « L’agroécologie et l’agriculture biologique comme leviers de la transformation des systèmes alimentaires ».
Au cours des trois (03) jours du forum, des réflexions seront menées autour des défis auxquels est confrontée l’agriculture togolaise et des pistes de solutions. L’événement est parrainé par le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources Animales et de la Souveraineté Alimentaire avec l’appui financier de l’ Allemagne, de l’ Union Européenne à travers la GIZ, et de la FAO.
Pilier central de l’économie togolaise, le secteur agricole contribue à hauteur de 20 % au PIB du pays et mobilise 60 % de la population. Il joue un rôle déterminant dans la sécurité alimentaire et les revenus des ménages.
Cependant, le secteur est confronté à des défis structurels tels que la dégradation des sols, la variabilité climatique, la dépendance aux intrants chimiques, une mécanisation peu adaptée au contexte familial ou encore l’accès limité aux financements et aux marchés.
Face à ces enjeux, le pays a engagé des réformes importantes, notamment avec l’adoption en 2021 de la Stratégie nationale de développement de l’agroécologie et de l’agriculture biologique (SNDAAB). Cette orientation positionne ces approches comme des solutions durables pour renforcer la résilience des systèmes agricoles et préserver les écosystèmes.
Un forum pour impulser une dynamique nationale concertée
Ce forum ambitionne de servir de plateforme nationale inclusive de dialogue, de partage et de mobilisation. Il réunira l’ensemble des parties prenantes telles que les institutions publiques, les organisations de producteurs, le secteur privé, les chercheurs, les collectivités territoriales ainsi que les partenaires techniques et financiers. Pour garantir une organisation concertée, un comité multi-acteurs est mis en place et regroupe la CTOP, le RéNAAT, OADEL et l’ANABIO.
Une mobilisation nationale et internationale attendue
À en croire le président du comité d’organisation, Dr Anani K. Combe, ce premier forum va rassembler plus de 600 participants nationaux et internationaux dans la capitale togolaise, avec une place de choix accordée aux femmes et aux jeunes, notamment à travers un panel qui leur sera dédié.
En outre, l’événement sera rythmé par des expositions, des panels et des échanges autour des systèmes alimentaires résilients.
Les travaux du forum devraient déboucher sur plusieurs résultats structurants, notamment l’adoption d’une déclaration nationale assortie d’une feuille de route et d’un mécanisme de suivi ; la mise en place d’un cadre de concertation multi-acteurs ; la valorisation et la diffusion des innovations agroécologiques ; la documentation des expériences et bonnes pratiques existantes et le renforcement de l’inclusion des jeunes, des femmes et des collectivités territoriales.
Le chef division production agricole au ministère de l’agriculture, Martin Koami Ségo, représentant son ministre de tutelle, a, dans son allocution de lancement, salué l’initiative ainsi que la mobilisation des acteurs pour sa réussite. Pour lui, ce forum, qui traduit l’intensification de l’agriculture biologique et écologique, s’inscrit dans un contexte marqué par de nombreux défis et apparaît comme une réponse adaptée.
Il a en outre exhorté les acteurs à mieux s’organiser en vue de saisir les opportunités qui se présentent. Parlant de la promotion de l’agriculture bio, le représentant du patron de l’agriculture togolaise a annoncé qu’une charte sur l’agriculture biologique est en cours de signature au Togo et marque une avancée importante dans l’encadrement du secteur.
L’agroécologie, une exigence et non plus une option
Pour les acteurs engagés, la question n’est plus de savoir pourquoi l’agroécologie, mais comment accélérer sa mise en œuvre. Selon le président du comité d’organisation, Dr Anani K. Combe Selon , à ce propos, « ce n’est plus une option mais une exigence, en lien avec la nécessité de promouvoir la consommation des produits issus de l’agriculture biologique, de trouver des financements, d’accroître les productions et de mieux organiser les filières.»
Partenaire financier de l’événement, la GIZ a exprimé sa satisfaction quant à la dynamique collective en faveur de la transformation durable de l’agriculture togolaise.
Un champion en chute
Leader de l’agriculture biologique en Afrique de l’Ouest, classé premier exportateur de produits bio vers l’UE au sein de la CEDEAO, le Togo connaît une baisse de production estimée à 15 %. Le pays pourrait bien rehausser le niveau de production des produits bio avec ce Forum National sur l’Agroécologie et l’Agriculture Biologique (FNAAB).
Didier Marcel Ledoux

Journaliste & Directeur de Publication de Grand Reporter. Fort de plus de 10 années d’expérience, je mets ma plume au service de ceux qui font bouger le continent Africain.
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