Face aux séquelles durables de la traite transatlantique et de la colonisation, le Président du Conseil Faure Gnassingbé a rappelé que la question des réparations ne saurait se limiter à une reconnaissance historique.
« La vérité ne suffit pas. Les réparations exigent des instruments », a-t-il martelé, plaidant pour des mesures concrètes telles que l’annulation ou la restructuration de la dette héritée, ainsi que la création de fonds multilatéraux dédiés à l’éducation, à la science et à l’innovation.
Au-delà des compensations financières, le Président du Conseil a insisté sur la nécessité d’un véritable processus de guérison collective, qualifié d’« impératif politique ».
« Guérir, c’est retrouver la confiance entre les peuples africains, entre l’Afrique et sa diaspora, entre l’Afrique et le monde », a-t-il souligné, appelant à la réappropriation des récits africains, à la valorisation des savoirs endogènes et à une réécriture de l’histoire du continent du point de vue africain.
Cette démarche, selon lui, dépasse la seule dimension morale. « La guérison constitue une stratégie de puissance, une condition de stabilité et un levier de transformation durable », a-t-il affirmé, invitant l’Union africaine et la CEDEAO à parler d’une seule voix. Une Afrique réconciliée avec son histoire, estime-t-il, est une Afrique pleinement souveraine, capable de rayonner scientifiquement, culturellement et économiquement.
Faure Gnassingbé a également plaidé pour une refondation de la position de l’Afrique dans le monde, estimant que les réparations doivent ouvrir la voie à un nouveau pacte économique, culturel et institutionnel fondé sur la souveraineté économique, la mobilité du savoir et un investissement massif dans la jeunesse africaine et diasporique.
Soutenant la dynamique impulsée par le Président ghanéen John Dramani Mahama, Faure Gnassingbé a réaffirmé l’engagement du Togo en faveur de la réparation des préjudices historiques, de la réforme de la gouvernance financière mondiale, de la circulation des savoirs et de l’accès aux technologies stratégiques.
Pour y parvenir, il a proposé une réforme structurelle des Nations Unies, incluant une représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité et la mise en place de mécanismes juridiques reconnaissant les crimes coloniaux, ainsi qu’un cadre international dédié aux réparations financières, symboliques et institutionnelles.
Le Président du Conseil s’est félicité de la tenue de ce sommet, qu’il considère comme « l’ouverture d’un nouveau cycle, celui d’une Afrique qui décide par elle-même et reprend en main son avenir ».
De son côté, le Président ghanéen John Dramani Mahama a salué la participation et l’engagement constant du Président du Conseil sur les questions de réparations et de mobilisation de la diaspora africaine.

Journaliste & Directeur de Publication de Grand Reporter. Fort de plus de 10 années d’expérience, je mets ma plume au service de ceux qui font bouger le continent Africain.
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